Les téléconsultations : une place encore limitée, une stratégie à construire

Communication de la Cour des comptes à la commission des affaires sociales du Sénat

Commission des affaires sociales du Sénat · Lettre du 26 mars 2024 Approuvé le 26 mars 2025 par Pierre Moscovici 3e rapport de la Cour (après 2017 et 2021)
Télécharger le rapport complet (PDF)

Cour des comptes, avril 2025

140 000
Téléconsultations en 2019, avant la pandémie
Cour des comptes, avril 2025
18M
Téléconsultations en 2020, pic pandémique
Cour des comptes, avril 2025
12M
Téléconsultations en 2023, secteurs libéral et hospitalier
Cour des comptes, avril 2025
2,2%
De l'activité de consultation des médecins généralistes en 2023
Cour des comptes, d'après SNIIRAM
266M€
Remboursés par l'Assurance Maladie au titre des téléconsultations
Cour des comptes, d'après CNAM
113M€
Économies annuelles potentielles par évitement des passages aux urgences
Cour des comptes, hypothèse 10%

Que dit le rapport de la Cour des comptes ?

La Cour des comptes a publié en avril 2025 sa troisième analyse sur la médecine à distance, après ses rapports de 2017 sur la télémédecine et de 2021 sur la télésanté. Cette fois, elle se concentre spécifiquement sur les téléconsultations, à la demande de la commission des affaires sociales du Sénat.

Définition retenue : une téléconsultation est une consultation à distance d'un professionnel médical (médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste) par un patient, remboursée par l'Assurance Maladie depuis septembre 2018.

Le constat central : les téléconsultations restent marginales dans l'offre de soins française, représentant moins d'une consultation médicale sur quarante en 2023. Leur potentiel pour améliorer l'accès aux soins est réel mais largement inexploité.

Le rapport identifie une divergence profonde entre les ambitions affichées par les pouvoirs publics et la réalité des usages sur le terrain.

« Le coût d'une prise en charge en téléconsultation est près de dix fois inférieur à celui d'un passage dans des services d'urgences. »

Cour des comptes, synthèse du rapport, avril 2025

Trois constats majeurs

1

Une utilisation encore très faible

En 2023, les téléconsultations représentaient 2,2 % de l'activité des omnipraticiens, 2,1 % de celle des spécialistes, 1,4 % de l'activité de consultation hospitalière. Ces chiffres restent très inférieurs aux niveaux observés dans les pays nordiques, au Royaume-Uni et en Espagne. Sur 360 millions de consultations en France en 2023, seuls 12 millions étaient des téléconsultations.

2

Un profil de patients éloigné des objectifs

Contrairement à l'objectif d'améliorer l'accès aux soins en zones sous-dotées, le patient type qui téléconsulte est jeune et urbain. Plus de 50 % des téléconsultations réalisées par un médecin libéral ou un centre de santé ont lieu en Île-de-France, région qui représente pourtant moins de 18 % des consultations médicales totales.

3

Une stratégie sans pilote ni indicateurs

La répartition des compétences entre les acteurs publics manque de clarté. La Cour constate l'absence d'un chef de file effectif et des objectifs peu cohérents. En septembre 2024, seules 37 organisations de soins coordonnés étaient référencées par l'Assurance Maladie, et près des trois quarts des départements n'en avaient aucune.

Un levier d'efficience sous-exploité

Le rapport de la Cour chiffre deux types d'économies potentielles :

Les 7 recommandations de la Cour des comptes

Recommandation Autorité responsable
1 Adopter une nouvelle stratégie de développement des téléconsultations, en définissant des objectifs prioritaires et des indicateurs de résultat Ministère de la Santé, Ministère de l'Économie, CNAM
2 Renforcer le recours à la téléconsultation dans les établissements sanitaires et médico-sociaux et dans les unités sanitaires en milieu pénitentiaire Ministère de la Santé, Ministère de la Justice
3 Cibler les politiques d'aides à l'équipement en téléconsultation sur les publics et les territoires prioritaires Ministère de la Santé, CNAM
4 Assouplir les règles conventionnelles sur la territorialité des téléconsultations pour faciliter leur développement dans les zones d'intervention prioritaire Ministère de la Santé, CNAM
5 Favoriser l'action des hôpitaux de proximité dans la mise en place des téléconsultations, en l'intégrant dans les projets médicaux des groupements hospitaliers de territoire Ministère de la Santé
6 Prévoir la possibilité juridique pour les services d'accès aux soins (SAS) de faire appel, à titre subsidiaire, à des plateformes de téléconsultation Ministère de la Santé
7 Relancer les travaux des conseils nationaux professionnels pour définir des cas d'usage et élaborer des recommandations de bonnes pratiques Ministère de la Santé
Page basée sur le rapport de la Cour des comptes « Les téléconsultations : une place limitée dans le système de santé, une stratégie à clarifier pour améliorer l'accès aux soins », avril 2025. Accessible sur www.ccomptes.fr.

Ce que le rapport de la Cour confirme pour notre approche

La téléconsultation sans rendez-vous, chaînon manquant

La Cour identifie que les téléconsultations sont « peu intégrées dans les dispositifs publics mis en place pour prendre en charge les soins non programmés ». C'est précisément ce vide que Ma Plateforme Santé comble, en intégrant la téléconsultation dans le flux de soins non programmés des centres de santé.

La recommandation 6 valide notre modèle

La Cour recommande de permettre aux services d'accès aux soins (SAS) de faire appel à des plateformes de téléconsultation à titre subsidiaire. Notre solution est conçue pour s'intégrer dans cet écosystème, en complémentarité des dispositifs territoriaux existants. Les centres de santé et MSP qui organisent déjà la médecine du moment en présentiel sont les mieux positionnés pour intégrer ce flux de téléconsultation sans rendez-vous.

Le SI, facteur clé d'optimisation du temps médical

Le rapport souligne que les téléconsultations « permettent d'optimiser le temps médical et soignant » et cite les assistants médicaux comme levier complémentaire. Mélia+, notre copilote IA, va dans ce sens : anamnèse, cotation et génération automatique des comptes-rendus.

Un enjeu d'efficience, pas seulement d'accès

La Cour insiste sur la dimension économique : 113 M€ d'économies potentielles par évitement des passages inutiles aux urgences. Notre solution adresse directement ce flux, en orientant les patients vers la bonne modalité de prise en charge, présentielle ou en téléconsultation.

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