Chiffres clés des soins non programmés en France en 2026 : IGAS, CNOM, Cour des comptes
Les chiffres des soins non programmés en France en 2026 sont désormais documentés par trois publications officielles. Le rapport IGAS 2025 recense 400 à 600 centres de soins non programmés. L'Atlas CNOM de la démographie médicale compte 245 847 médecins mais confirme le recul de la médecine générale. Le rapport de la Cour des comptes sur la téléconsultation comptabilise 12 millions d'actes en 2023, soit 2,2 % de l'activité des médecins généralistes. Trois angles différents, un même constat : la demande de soins immédiats s'organise plus vite que l'offre. Cet article croise les trois sources pour donner une vue d'ensemble.
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Pourquoi ces 3 rapports comptent pour comprendre les chiffres des soins non programmés en France en 2026
Les soins non programmés désignent les besoins de soins qui ne relèvent pas de l'urgence vitale mais nécessitent une prise en charge en moins de 48 heures. C'est la définition retenue par l'IGAS. Fièvre, angine, traumatologie légère, épisode aigu du jour : cette médecine de l'imprévu représente une part croissante de l'activité de premier recours. Longtemps, personne ne la mesurait vraiment.
Entre avril 2025 et avril 2026, trois institutions ont publié des données qui, mises bout à bout, dessinent enfin un état des lieux chiffré. Le rapport IGAS 2025 documente l'offre dédiée : les centres de soins non programmés (CSNP), leur nombre, leurs modèles, leur encadrement à venir. L'Atlas CNOM de la démographie médicale mesure la ressource médicale disponible et sa mutation. Le rapport de la Cour des comptes sur la téléconsultation évalue la modalité à distance, son usage réel et ses dérives.
Chaque rapport pris isolément décrit un morceau du système. Ensemble, ils expliquent pourquoi la question des soins non programmés est devenue centrale : l'offre de médecine générale recule là où la demande de réponse rapide augmente, des structures dédiées émergent sans cadre, et la téléconsultation se développe en marge du parcours de soins. Voici ce que disent les chiffres, rapport par rapport.
Rapport IGAS 2025 : 400 à 600 CSNP et le cadre réglementaire à venir
Le rapport IGAS 2025 (N° 2025-050R, octobre 2025) est l'évaluation officielle des centres de soins non programmés. Son chiffre le plus commenté : entre 400 et 600 CSNP fonctionnent aujourd'hui en France. Une fourchette, pas un décompte. Faute de numéro FINESS dédié, ces structures restent invisibles dans les statistiques de l'Assurance Maladie.
Le contexte donne la mesure de l'enjeu. En 2024, les urgences hospitalières ont enregistré 21,3 millions de passages. 76 % sont classés CCMU 1 et 2, c'est-à-dire non vitaux, et 41 % relèvent potentiellement de la médecine de ville selon la CNAM. Les CSNP se sont développés pour capter une partie de ce flux, mais sans régulation : 62 % sont implantés dans des communes à forte accessibilité aux soins, là où le besoin territorial est le moins criant.
Pour structurer l'offre, l'IGAS étudie 3 scénarios d'encadrement : réguler par la seule convention médicale, reconnaître légalement tous les CSNP, ou ne reconnaître que les centres disposant d'un plateau technique (radiologie, biologie, présence infirmière), sous l'appellation de centres de soins immédiats. C'est ce troisième scénario que la mission privilégie, avec un maillage territorial piloté par les ARS.
Le rapport formule 8 recommandations, avec un calendrier resserré entre fin 2025 et fin 2026 : création d'un numéro FINESS, cahier des charges par arrêté, intégration des centres dans Santé.fr, contrôles de facturation ciblés. Point notable pour les gestionnaires de structures : l'IGAS relève que les centres performants se caractérisent par « un recours aux systèmes d'information optimisés » et des délais d'attente mesurés et visibles. Le système d'information devient un critère de reconnaissance, pas un confort.
→ Lire la synthèse complète du rapport IGAS 2025 sur les CSNP
Atlas CNOM 2026 : 245 847 médecins et le recul de la médecine générale
Publié le 21 avril 2026 par le Conseil national de l'Ordre des médecins, l'Atlas CNOM de la démographie médicale livre un chiffre en apparence rassurant : 245 847 médecins en activité au 1er janvier 2026, en hausse de 1,9 % sur un an et d'environ 14 % depuis 2010. La baisse historique des effectifs est, selon l'Ordre, derrière nous.
La lecture détaillée est moins confortable. D'abord, le recul de la médecine générale : la spécialité pivot du premier recours pesait 47,1 % des médecins en activité régulière en 2010, elle n'en représente plus que 40,3 % en 2026. En effectifs, la France a perdu 11 493 généralistes en activité régulière en 16 ans, soit une baisse de 12,2 %. 87 départements sur 100 ont vu leur densité de généralistes diminuer sur la période.
Ensuite, la mutation des modes d'exercice : pour la première fois, le salariat devient le premier mode d'exercice avec 47 % des médecins, devant le libéral exclusif (41,6 %). La nouvelle génération choisit l'exercice en équipe, les horaires maîtrisés et la charge administrative partagée. 40 % des généralistes exercent déjà en cabinet pluriprofessionnel.
Pour les soins non programmés, la conséquence est directe. Moins de généralistes disponibles, c'est moins de créneaux pour l'imprévu du jour, et des flux qui débordent vers les centres de soins immédiats, la téléconsultation ou, en dernier ressort, les urgences. L'Atlas ne décrit pas une pénurie de médecins : il décrit un changement de modèle, qui appelle des organisations collectives capables d'absorber la demande non planifiée.
→ Lire l'analyse complète de l'Atlas 2026 de la démographie médicale
Cour des comptes 2025 : 12 millions d'actes de téléconsultation et les dérives à corriger
Troisième pièce du puzzle : le rapport de la Cour des comptes sur la téléconsultation, publié en avril 2025 à la demande de la commission des affaires sociales du Sénat. Le constat d'usage d'abord : 12 millions d'actes de téléconsultation en 2023, soit 2,2 % de l'activité des médecins généralistes. Après le pic pandémique de 2020 (18 millions d'actes), la téléconsultation s'est stabilisée à un niveau modeste, loin des pays nordiques, du Royaume-Uni ou de l'Espagne.
Les dérives ensuite. Le patient type qui téléconsulte est jeune et urbain, à rebours de l'objectif initial d'amélioration de l'accès aux soins dans les territoires sous-dotés. Plus de 50 % des téléconsultations libérales ou en centre de santé ont lieu en Île-de-France, qui représente pourtant moins de 18 % des consultations médicales totales. Et la Cour pointe une stratégie sans pilote ni indicateurs, portée par des plateformes commerciales déconnectées du médecin traitant.
Le potentiel économique enfin. Le coût d'une prise en charge en téléconsultation est près de dix fois inférieur à celui d'un passage aux urgences. Sur l'hypothèse d'un évitement de 10 % des passages aux urgences qui ne relèvent pas de l'hôpital, la Cour chiffre à 113 M€ d'économies potentielles par an. Sa recommandation n° 6 valide explicitement l'usage de la téléconsultation dans les flux de soins non programmés, via les services d'accès aux soins (SAS), à titre subsidiaire. Autrement dit : la téléconsultation est utile quand elle est intégrée au parcours, pas quand elle s'y substitue.
→ Lire la synthèse complète du rapport de la Cour des comptes sur la téléconsultation
Ce que ces chiffres des soins non programmés en France signifient pour les centres de santé et les MSP
Croisés, les trois rapports racontent une seule histoire. La demande de soins immédiats existe et se mesure : 21,3 millions de passages aux urgences dont 41 % relèvent potentiellement de la ville. La ressource médicale ne disparaît pas, elle se réorganise : salariat majoritaire, exercice en équipe, recul du généraliste isolé. Et les réponses émergentes, CSNP comme téléconsultation, fonctionnent quand elles sont structurées et dérivent quand elles ne le sont pas.
Un cadre réglementaire arrive
Numéro FINESS, cahier des charges, maillage territorial piloté par les ARS : le calendrier IGAS s'étale de fin 2025 à fin 2026. Les centres de santé et MSP qui structurent dès maintenant leur flux de soins non programmés, avec des délais mesurés et une traçabilité complète, abordent cette échéance en position favorable.
L'exercice collectif devient la norme
Avec 47 % de médecins salariés et 40 % de généralistes en cabinet pluriprofessionnel, l'attractivité d'une structure se joue sur l'organisation : partage de la charge administrative, continuité assurée en équipe, outils qui libèrent du temps médical plutôt qu'ils n'en consomment.
Présentiel et téléconsultation, un seul parcours
La Cour des comptes valide la téléconsultation intégrée aux dispositifs de soins non programmés, en complément du présentiel. Les structures qui orientent chaque patient vers la bonne modalité, sur place ou à distance, contribuent aux 113 M€ d'économies potentielles chiffrées par la Cour, au lieu de laisser ce flux aux plateformes hors parcours.
C'est précisément sur ce terrain que travaille Ma Plateforme Santé : un logiciel de soins non programmés pour centres de santé, MSP et centres de soins immédiats, certifié HDS, qui organise le flux walk-in et la téléconsultation sans rendez-vous dans une même interface, avec des délais d'attente mesurés et une traçabilité native. Non pas une réponse de plus à côté du système, mais un outil pour structurer le parcours que ces trois rapports appellent.
FAQ : les questions les plus posées sur l'accès aux soins non programmés en France
Combien de centres de soins non programmés existe-t-il en France en
2026 ?
Entre 400 et 600 selon le rapport IGAS 2025. Le chiffre reste une estimation : sans numéro FINESS dédié, ces structures n'apparaissent pas dans les statistiques de l'Assurance Maladie. L'IGAS recommande de créer ce numéro d'ici fin 2026.
Pourquoi l'accès aux soins se dégrade-t-il alors que le nombre de
médecins augmente ?
Parce que la composition de l'offre change. L'Atlas CNOM 2026 compte 245 847 médecins, en hausse de 14 % depuis 2010, mais la médecine générale est passée de 47,1 % à 40,3 % des effectifs en activité régulière, et 87 départements sur 100 ont perdu en densité de généralistes. Le premier recours se raréfie là où se joue l'imprévu du quotidien.
La téléconsultation peut-elle absorber la demande de soins non
programmés ?
En partie, si elle est intégrée au parcours de soins. La Cour des comptes recense 12 millions d'actes en 2023, soit 2,2 % de l'activité des médecins généralistes, et évalue à 113 M€ par an les économies possibles par évitement de passages aux urgences. Sa recommandation n° 6 propose que les services d'accès aux soins (SAS) puissent y recourir à titre subsidiaire.
Comment structurer les soins non programmés dans un centre de santé ou une MSP ?
En organisant un flux dédié aux consultations du jour, avec des délais d'attente mesurés et visibles, une articulation présentiel-téléconsultation et un système d'information dédié. L'IGAS en fait un marqueur des centres performants et un critère probable du futur cahier des charges. C'est le rôle d'un logiciel d'organisation des soins non programmés.
Les 3 rapports analysés en détail
Chaque synthèse complète, avec les rapports téléchargeables.