Dépenses de santé en 2025 : 353 milliards d'euros, et ce que les comptes disent de la médecine générale, des CPTS et du SAS
La Drees a publié le 1er octobre 2026 l'édition 2026 des comptes de la santé. En 2025, la France a consacré 353,2 milliards d'euros à la santé, soit 11,8 % de son PIB. Pour la médecine générale, le chiffre qui circulera est +6,0 %. Celui qu'il faut lire avec lui est -5,5 % : la baisse du volume de soins, dans une année où le prix des soins de généralistes a augmenté de 12,2 %. Cette page donne les chiffres exacts, leur périmètre et leurs limites, et dit ce que les comptes de la santé permettent, ou non, de conclure sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et le service d'accès aux soins (SAS).
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L'essentiel en cinq points
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Une dépense qui ralentit, mais qui pèse davantage dans le PIB
La dépense courante de santé au sens international (DCSi) atteint 353,2 milliards d'euros en 2025, en hausse de 3,3 % après +3,5 % en 2024. Elle progresse plus vite que le PIB (+1,9 %), de sorte que sa part passe de 11,7 % à 11,8 %. La France dépense plus que la moyenne de l'Union européenne (10,5 % du PIB), mais sa dépense augmente moins vite (+3,3 % contre +5,9 %).
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Les soins de généralistes : 12,1 milliards d'euros, portés par le prix
Les soins de généralistes progressent de 6,0 % parce que leur prix augmente de 12,2 %, principalement du fait du passage de la consultation de 26,50 à 30 euros le 22 décembre 2024, un effet qui joue à plein en 2025. Environ 90 % de la dépense correspond à des soins dispensés en cabinet libéral de secteur 1, au tarif opposable (d'après le tableau 4 de la fiche 11). La ventilation par secteur de 2025 reste incomplète pour une partie des contrats et assimilés : elle ne se compare pas finement aux 91 % publiés pour 2024. Les dépassements d'honoraires ne représentent que 1,8 % des honoraires.
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Le volume baisse de 5,5 %, mais ce n'est pas un nombre de consultations
Le volume est une dépense à prix constants, obtenue en rapportant la dépense en valeur à un indice de prix. La Drees précise qu'il ne mesure pas directement le nombre de consultations ni la quantité de travail, et que les comptes ne permettent pas de distinguer un effet de demande d'un effet d'offre. Ce chiffre se cite avec cette réserve, ou ne se cite pas.
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CPTS, MSP et SAS : 105 millions d'euros chez les généralistes, moins de 1 % de leurs soins
Chez les généralistes, les comptes de la santé ne font apparaître ces dispositifs que dans deux lignes des rémunérations directes versées par l'Assurance maladie : 66 millions d'euros pour les CPTS et les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), contre 95 en 2024, et 39 millions pour le SAS (36 en 2024). Chez les spécialistes, la ligne « CPTS et MSP » atteint 56 millions d'euros (69 en 2024). Ces lignes ne mesurent ni le coût total de ces dispositifs ni leur effet.
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Un financement stable, très majoritairement public
La Sécurité sociale finance 78,3 % des soins de généralistes, les organismes complémentaires 14,8 %, les ménages 6,5 %. Sur l'ensemble de la dépense de santé, les administrations publiques financent 77,4 % et le reste à charge des ménages s'élève à 495 euros par habitant (9,7 % de la DCSi).
Lire les comptes de la santé : DCSi, CSBM, valeur, volume et prix
Les comptes de la santé sont un compte satellite de la comptabilité nationale, consacré à la dépense de santé. La Drees les établit chaque année, en les calant sur les comptes de l'Assurance maladie, et les publie dans un panorama de 265 pages (vue d'ensemble, 31 fiches thématiques, annexes), accompagné de fichiers de données ouvertes. Quelques précautions de vocabulaire évitent la plupart des contresens.
| Agrégat | Ce qu'il couvre | 2025 |
|---|---|---|
| DCSi | Dépense courante de santé au sens international : toutes les dépenses dont l'objectif principal est d'améliorer ou de préserver l'état de santé, de prévenir sa détérioration ou d'atténuer les effets d'une maladie, quel que soit le financeur. Agrégat de référence du système international des comptes de la santé. | 353,2 Md€ |
| dont CSBM | Consommation de soins et de biens médicaux : soins curatifs et de rééducation (en ville ou à l'hôpital), services auxiliaires (biologie, imagerie, transports sanitaires) et biens médicaux (hors vaccins, comptés en prévention). C'est l'agrégat historique des comptes français. | 256,5 Md€ (73 %) |
| dont soins de longue durée | Dépenses de santé des personnes âgées en perte d'autonomie et des personnes handicapées, y compris les soins aux personnes souffrant d'addiction, hors soins curatifs ou de rééducation (comptés dans la CSBM). | 69,9 Md€ |
| dont prévention | Prévention institutionnelle et produits immunisants (vaccins). | 9,2 Md€ |
| dont gestion du système de santé | Frais de gestion de la Sécurité sociale, des autres administrations qui pilotent les politiques de santé et des organismes complémentaires. | 17,6 Md€ |
Source : Drees, vue d'ensemble, p. 8-10 et tableau 12.
Valeur, volume et prix
Valeur : la dépense observée, en euros courants.
Prix :
l'évolution d'un indice de prix (Insee, Assurance maladie).
Volume : la
dépense à prix constants, c'est-à-dire en valeur aux prix de l'année précédente. Pour les soins de médecins, il n'est pas compté :
il se déduit de la valeur et du prix.
L'édition 2026 n'est pas comparable aux précédentes
Un chiffre de cette édition ne se compare pas à ceux des éditions précédentes. Les séries sont révisées à chaque édition, et cette fois surtout par une révision de périmètre : les dépenses d'hébergement en établissements de soins de longue durée entrent dans la DCSi, pour environ 9,5 milliards d'euros, en application d'une recommandation de l'OCDE. Sur 2021-2024, la DCSi est ainsi relevée chaque année d'un montant compris entre 8,2 et 9,4 milliards d'euros, pour l'essentiel en raison de ce reclassement4. Le commentaire change aussi de focale (avant-propos du panorama) : les analyses portent désormais sur la DCSi, et la CSBM n'est plus présentée que comme l'une de ses composantes.
Dans le même mouvement, une partie des soins infirmiers et de kinésithérapie est reclassée en soins de longue durée, et la série des soins courants en ville est abaissée chaque année d'un montant compris entre 4,2 et 4,7 milliards d'euros, dont environ 0,6 milliard au titre d'un correctif sur les soins de kinésithérapie non remboursables4.
En pratique : un chiffre 2025 de cette édition se compare au chiffre 2024 de la même édition (342,0 milliards d'euros pour la DCSi), jamais à un chiffre publié l'an dernier.
353,2 milliards d'euros en 2025 : la dépense de santé en chiffres
| Poste (en milliards d'euros) | 2024 | 2025 | Évolution | Part de la DCSi |
|---|---|---|---|---|
| Soins hospitaliers | 120,7 | 124,1 | +2,8 % | 35,1 % |
| Soins ambulatoires | 73,2 | 75,4 | +3,0 % | 21,3 % |
| dont soins courants en ville | 55,8 | 57,9 | +3,7 % | 16,4 % |
| dont activités techniques et auxiliaires | 17,4 | 17,5 | +1,0 % | 5,0 % |
| Biens médicaux | 55,8 | 56,9 | +2,0 % | 16,1 % |
| dont médicaments en ambulatoire | 34,5 | 34,9 | +1,3 % | 9,9 % |
| dont dispositifs médicaux | 21,3 | 22,0 | +3,1 % | 6,2 % |
| Consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) | 249,7 | 256,5 | +2,7 % | 72,6 % |
| Soins de longue durée | 66,8 | 69,9 | +4,7 % | 19,8 % |
| Prévention | 8,6 | 9,2 | +6,8 % | 2,6 % |
| Gestion du système de santé | 17,0 | 17,6 | +3,8 % | 5,0 % |
| Dépense courante de santé au sens international (DCSi) | 342,0 | 353,2 | +3,3 % | 100 % |
Source : Drees, vue d'ensemble, tableau 1, p. 92. Les sous-postes « dont » ne sont pas tous détaillés.
Ce qui explique le ralentissement
Sur le périmètre de la CSBM, la hausse de la dépense ralentit à +2,7 %, après +3,5 %. Ce ralentissement tient aux volumes (+2,0 % après +2,8 %), les prix progressant de 0,7 % comme en 2024. Il vient d'abord de deux postes : les médicaments (+1,3 % après +4,0 %, avec des remises estimées à 6,2 milliards d'euros contre 5,2 en 2024) et les soins courants en ville (+3,7 % après +4,8 %). Les soins hospitaliers (124,1 milliards d'euros) restent la première contribution à la hausse de la DCSi (+1,0 point), du fait de leur poids plus que de leur rythme (+2,8 % contre +3,3 %, fiche 1, p. 23)3.
Hors CSBM, les soins de longue durée accélèrent (+4,7 %) et la prévention rebondit (+6,8 %), notamment avec les vaccins contre le virus varicelle-zona, les méningocoques, les pneumocoques et la grippe.
Qui finance
Les administrations publiques financent au total 273,5 milliards d'euros, soit 77,4 %, comme en 2024. Sur le seul périmètre de la CSBM, elles financent 79 % de la dépense. Le taux de reste à charge sur la CSBM est stable à 7,7 % (19,7 milliards d'euros). Par habitant, le reste à charge moyen est de 495 euros, dont 207 de soins de longue durée, 112 de soins courants en ville, 67 de médicaments et 52 de dispositifs médicaux.
| Financeur | Montant en 2025 | Part de la DCSi |
|---|---|---|
| Sécurité sociale | 249,2 Md€ | 70,6 % |
| État et collectivités locales | 24,3 Md€ | 6,9 % |
| Organismes complémentaires | 43,4 Md€ | 12,3 % |
| Ménages (reste à charge) | 34,1 Md€ | 9,7 % |
| Entreprises | 2,2 Md€ | 0,6 % |
| Total | 353,2 Md€ | 100 % |
Source : Drees, vue d'ensemble, tableau 2, p. 132, et fiche 4, p. 36-433. Les parts étant arrondies, leur somme peut différer légèrement de 100 %.
La France et l'Union européenne
En part du PIB, la France fait partie des trois pays de l'Union européenne qui dépensent le plus, avec l'Allemagne (12,7 %) et l'Autriche (11,9 %). Hors de l'Union européenne, les États-Unis sont de loin en tête (17,6 %). La France se distingue surtout par son reste à charge des ménages : avec 9,8 % de la DCSi en 2024, il est l'un des trois plus faibles de l'Union, avec ceux de la Croatie (8,6 %) et du Luxembourg (8,8 %).
| Indicateur | France | Union européenne |
|---|---|---|
| Part de la DCSi dans le PIB (2025) | 11,8 % | 10,5 % |
| Évolution de la DCSi en valeur (2025) | +3,3 % | +5,9 % |
| Part financée par les administrations publiques (2024) | 77,4 % | 74,3 % |
| Part financée par les organismes complémentaires (2024) | 12,2 % | 10,9 % |
| Reste à charge des ménages (2024) | 9,8 % | 14,8 % |
Source : Drees, vue d'ensemble, p. 8 et 16-192. Moyennes de l'Union européenne calculées sur les pays pour lesquels les données sont disponibles. Les données de financement 2025 ne sont pas encore disponibles pour les comparaisons internationales.
Médecine générale : 12,1 milliards d'euros, +6,0 %
La fiche 11 du panorama isole les soins de médecins généralistes en ville, c'est-à-dire en cabinet libéral et en centre de santé. Elle exclut les soins de généralistes en établissement de santé ou de soins de longue durée, ainsi que les prestations de prévention. En 2025, ces soins représentent 12 072 millions d'euros, soit 3,4 % de la DCSi, après 11 391 millions en 20243.
Cette dépense comprend trois composantes. Les honoraires (9 143 millions d'euros, 75,7 % du total) rémunèrent les actes : consultations, visites, téléconsultations et actes techniques. Les contrats et assimilés (2 208 millions, 18,3 %) sont, selon la Drees, « les rémunérations directes que peuvent recevoir les médecins généralistes de la part de l'Assurance maladie ». La prise en charge des cotisations (722 millions, 6,0 %) concerne les médecins de secteur 1, en cabinet comme en centre de santé.
Les contrats et assimilés ont progressé de 6,9 % par an en moyenne depuis 2021, presque deux fois plus vite que les honoraires (3,6 % par an). En 2025, les rémunérations sur objectifs, contrats et intéressement augmentent de 10,3 %.
| En millions d'euros | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | Évolution 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Soins de médecins généralistes | 10 361 | 10 778 | 10 846 | 11 391 | 12 072 | +6,0 % |
| Honoraires | 7 931 | 8 147 | 8 149 | 8 594 | 9 143 | +6,4 % |
| Contrats et assimilés | 1 693 | 1 823 | 2 010 | 2 078 | 2 208 | +6,2 % |
| Prise en charge des cotisations | 737 | 808 | 687 | 720 | 722 | +0,3 % |
| Évolution en valeur | +2,0 % | +4,0 % | +0,6 % | +5,0 % | +6,0 % | |
| dont volume | +3,7 % | +3,5 % | -0,7 % | +0,1 % | -5,5 % | |
| dont prix | -1,6 % | +0,5 % | +1,4 % | +4,9 % | +12,2 % |
Source : Drees, fiche 11, tableau 1, p. 883. Les contrats et assimilés ne sont pas disponibles avant 2021 : ils sont alors globalisés avec les honoraires.
Où se situe la dépense
Les dépassements d'honoraires pèsent 0,2 milliard d'euros, soit 1,8 % des honoraires de généralistes (3,9 % en 2010). La téléconsultation reste minoritaire en cabinet libéral (1 % des soins en secteur 1, 2 % en secteur 2, en 2024), mais atteint 12 % en centre de santé, et 28 % si l'on y inclut les sociétés de téléconsultation.
| Mode d'exercice | Soins en 2025 (M€) | À savoir |
|---|---|---|
| Cabinets libéraux, secteur 1 | 10 822 | Tarif opposable. Les rares dépassements autorisés concernent notamment des exigences particulières du patient. |
| Cabinets libéraux, secteur 2 | 623 | Les dépassements représentent 30,9 % des honoraires. |
| Centres de santé | 626 | Tarif opposable obligatoire. |
| Total en ville | 12 072 |
Source : Drees, fiche 11, tableau 4 et texte, p. 89-913.
Qui exerce
Pour la deuxième année consécutive, l'effectif des médecins généralistes progresse (+0,8 %). Il retrouve son niveau de 2021 mais reste inférieur à celui de 2015 (85 000). Pour la première fois, la hausse concerne les trois modes d'exercice, mais la part des libéraux exclusifs continue de baisser (67,2 % contre 67,5 % en 2024), tandis que l'exercice mixte progresse de 3,7 % par an depuis 2021. D'autres sources comptent autrement, sur des périmètres différents : voir notre analyse de l'Atlas 2026 du Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM).
| Médecins généralistes au 1er janvier | 2015 | 2021 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 85 000 | 83 000 | 82 500 | 83 100 |
| Libéraux exclusifs | 61 800 | 57 500 | 55 700 | 55 800 |
| Exercice mixte | 6 700 | 8 400 | 9 300 | 9 700 |
| Salariés hors hôpital | 16 500 | 17 100 | 17 400 | 17 600 |
Source : Drees, fiche 11, tableau 3, p. 91 (d'après le Répertoire partagé des professionnels de santé [RPPS], calculs Drees)3. Hors salariés hospitaliers exclusifs.
Qui paie
La structure de financement est quasi identique à celle de 2024. Le reste à charge des ménages recule d'un dixième de point (6,5 % contre 6,6 %), malgré une nouvelle hausse des participations forfaitaires (+15 % en 2025, après +54 % en 2024, année du doublement de la participation forfaitaire sur les consultations et actes médicaux, au 15 mai).
| Financeur des soins de généralistes | Montant en 2025 (M€) | Part |
|---|---|---|
| Sécurité sociale | 9 453 | 78,3 % |
| État et collectivités locales (aide médicale de l'État, invalides de guerre) | 49 | 0,4 % |
| Organismes complémentaires | 1 788 | 14,8 % |
| Ménages | 782 | 6,5 % |
| Total | 12 072 | 100 % |
Source : Drees, fiche 11, tableau 5, p. 933.
Le piège du -5,5 % : un volume n'est pas un nombre de consultations
C'est le chiffre le plus exposé aux contresens de cette édition. « Baisse de 5,5 % du volume de soins de généralistes » se lit spontanément comme « 5,5 % de consultations en moins ». Ce n'est pas ce que dit la Drees.
La dépense de soins de généralistes augmente de 6,0 %. Le prix de ces soins progresse de 12,2 %. Le volume s'en déduit : 1,060 ÷ 1,122 = 0,945, soit -5,5 %. Il n'est pas observé dans les cabinets : il est calculé à partir de ces deux chiffres.
« [L'évolution en volume] ne mesure pas directement l'évolution du nombre de consultations ou la quantité de travail des médecins généralistes (Dixte et Loussouarn, 2024 ; Thomas, 2026). »
Drees, fiche 11, note de bas de page 1, p. 88
1. La hausse du prix vient d'une revalorisation
La Drees attribue la hausse de 12,2 % « principalement » à la revalorisation de la consultation, passée de 26,50 à 30 euros le 22 décembre 2024, soit +13,2 %3. Cette revalorisation « joue à plein » en 2025, précise la vue d'ensemble2.
2. Les comptes ne départagent pas la demande et l'offre
« Cette évolution peut résulter à la fois de facteurs de demande, par exemple une moindre sollicitation des médecins par les patients, et de facteurs d'offre, comme une réduction du nombre de consultations proposées. Les données des comptes de la santé ne permettent pas de distinguer ces deux effets. »
Drees, fiche 11, p. 88
Deux familles d'explications sont donc possibles, et les comptes ne permettent pas de trancher entre elles. Selon nous, il faudrait pour cela un comptage d'actes, par exemple à partir des remboursements de l'Assurance maladie. L'étude de la Drees publiée le 26 août 2026, issue de son panel d'observation, documente l'activité déclarée en 2025 (46,2 heures lors d'une semaine ordinaire, environ 4 800 actes par an et par généraliste libéral), mais elle n'est pas directement comparable à l'édition précédente : nous l'avons détaillé dans notre analyse du temps de travail5.
3. Une partie de la dépense est déflatée par convention
L'indice de prix des médecins, construit par l'Insee, porte sur les prix payés par les ménages, majorations et dépassements inclus. Il exclut les rémunérations forfaitaires non facturées aux ménages. La Drees applique pourtant, « par convention », le même indice à ces rémunérations : « le prix des rémunérations forfaitaires des médecins généralistes suit les prix des honoraires des médecins généralistes »4. Elle ne dit pas quelles lignes relèvent de ces rémunérations forfaitaires, ni quelle part de la dépense elles représentent. Si on les assimile aux contrats et assimilés (le forfait médecin traitant, par exemple), elles pèsent 18,3 % de la dépense, auxquels s'ajoute la prise en charge des cotisations (6,0 %), elle aussi non facturée aux ménages. Pour ces montants, le « volume » résulte d'une convention de calcul. Cette convention ne fait pourtant pas la baisse : rapportés au même indice de prix, les seuls honoraires reculent de 5,2 % en volume.
4. Un contraste utile : les spécialistes
Pour les spécialistes, la Drees attribue la hausse des prix (+2,7 %) aux revalorisations de certaines spécialités (pédiatrie, psychiatrie, gynécologie, gériatrie) en décembre 2024 et en juillet 2025. Chez les généralistes, elle relève un volume en baisse de 5,4 % en cabinet libéral (après -0,7 %) et de 8,0 % en centre de santé (après +16,4 %)3.
| Évolution 2025 | Valeur | Prix | Volume |
|---|---|---|---|
| Médecins généralistes | +6,0 % | +12,2 % | -5,5 % |
| Médecins spécialistes (hors généralistes) | +4,7 % | +2,7 % | +2,0 % |
| Soins courants en ville (ensemble) | +3,7 % | +3,8 % | -0,1 % |
Source : Drees, fiches 3 (p. 31), 11 et 12, et vue d'ensemble3.
Centres de santé et MSP : ce que les comptes voient, ce que l'Assurance maladie ajoute
Quand on descend des soins de généralistes vers les structures, les comptes de la santé s'arrêtent à mi-chemin. Ils distinguent le cabinet libéral et le centre de santé. Ils ne distinguent pas la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) : hors liste des sigles et notes de tableau, la seule trace des MSP dans le panorama est la ligne « Structures territoriales de santé (CPTS et MSP) » des contrats et assimilés, présente pour les généralistes (fiche 11) et pour les spécialistes (fiche 12), où les MSP sont confondues avec les CPTS. Pour aller plus loin, cette section s'appuie sur un document de l'Assurance maladie, qui chiffre séparément les forfaits versés aux centres de santé et aux MSP7. Ces chiffres sont hors du panorama de la Drees : ils viennent d'une autre source, avec son propre périmètre.
Centres de santé : une catégorie à part dans les comptes
Selon la Drees, les centres de santé, auxquels elle rattache les sociétés de téléconsultation (note du graphique 2), représentent 5 % de la dépense de soins de généralistes en 2024, contre 91 % pour les cabinets libéraux de secteur 1 et 4 % pour ceux de secteur 23. Leur volume de soins de généralistes recule de 8,0 % en 2025, après une hausse de 16,4 % en 2024, contre -5,4 % en cabinet libéral3. Ce volume est une dépense à prix constants, pas un nombre de consultations.
L'Assurance maladie verse aux centres de santé une rémunération forfaitaire spécifique, qui représente en moyenne 9 % de la rémunération totale d'un centre. Le montant total versé a progressé de 33 % entre 2021 et 2022, de 15,2 % entre 2022 et 2023 et de 9,6 % entre 2023 et 2024. Le nombre de centres conventionnés est passé de 1 963 en 2019 à 3 272 en 20247.
MSP : une ligne fusionnée chez la Drees, une série distincte à l'Assurance maladie
Une MSP est rémunérée par l'Assurance maladie dans le cadre de l'accord conventionnel interprofessionnel (ACI) relatif aux structures de santé pluriprofessionnelles. Le nombre de MSP rémunérées passe de 730 en 2018 à 2 237 en 2024, soit un nombre multiplié par plus de trois. Selon l'Assurance maladie, la croissance du nombre de MSP conventionnées a ralenti jusqu'en 2023 : +11 % entre 2022 et 2023, contre +25 % entre 2020 et 2021. Le nombre de MSP rémunérées progresse toutefois de 16 % en 2024, la part des MSP rémunérées parmi les signataires de l'ACI restant stable (92 %). Ces MSP réunissent 42 679 professionnels de santé, dont 10 142 médecins généralistes (+14 % sur un an), soit 4,5 généralistes associés par MSP en moyenne7. Au titre de 2024, le travail en équipe représente 49 % de la rémunération, le système d'information 29 % et l'accès aux soins 22 %7.
| Exercice 2024, Assurance maladie | Centres de santé | MSP |
|---|---|---|
| Structures rémunérées | 2 671 (sur 3 272 conventionnés) | 2 237 (730 en 2018) |
| Forfait versé par l'Assurance maladie | 120,9 M€ (+9,6 %) | 181,4 M€ (+17 %) |
| Montant moyen par structure | environ 49 000 € | 81 102 € (60 683 € au titre de 2019) |
| Médecins généralistes | 5 687 salariés (2 737 équivalents temps plein), dans 1 151 centres médicaux et polyvalents | 10 142 associés (+14 %) |
Source : Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM), document préparatoire à la négociation des avenants à l'ACI et à l'accord national des centres de santé, février 20267. Évolutions entre 2023 et 2024. Le montant moyen par centre de santé porte sur tous les types de centres, dentaires et infirmiers compris, et diffère du montant obtenu en divisant le total par le nombre de centres rémunérés (environ 45 000 €). Pour une MSP, nous retenons 81 102 €, donné dans la partie du document consacrée aux MSP et cohérent avec 181,4 millions d'euros pour 2 237 MSP ; le chiffre « autour de 91 000 € » n'apparaît que dans une comparaison, sans explication.
Ce que la ligne de la Drees ne contient pas
La Drees enregistre une dépense l'année où le soin a été réalisé, même si le paiement intervient l'année suivante (droits constatés, annexe 1, p. 216)1. L'Assurance maladie présente ici les montants « au titre de » l'année d'activité. Pour 2023 et 2024, les deux séries sont donc, en principe, rattachées à la même année.
| En millions d'euros | 2023 | 2024 |
|---|---|---|
| Drees, ligne « CPTS et MSP », généralistes | 73 | 95 |
| Drees, même ligne, spécialistes | 51 | 69 |
| Drees, les deux lignes réunies | 124 | 164 |
| Assurance maladie, ACI des MSP seules | 154,8 | 181,4 |
| Sénat, ACI des CPTS (montants versés) | 121 | non donné dans le compte rendu |
Sources : Drees, fiche 11 (tableau 2, p. 90) et fiche 12 (tableau 3, p. 97)3 ; Assurance maladie (UNCAM), février 20267 ; Sénat, compte rendu d'examen du rapport d'information n° 32, 7 octobre 20258.
Au titre de 2024, les seules MSP ont reçu 181,4 millions d'euros de l'Assurance maladie, plus que les 164 millions de la ligne « CPTS et MSP » des généralistes et des spécialistes réunis. Pour 2023, les montants de l'ACI des MSP (154,8 millions d'euros, au titre de l'année) et les sommes versées aux CPTS dans l'année (121 millions, selon le Sénat) totalisent environ 276 millions d'euros, plus du double des 124 millions de la Drees (les deux montants n'étant pas comptés sur la même base). La ligne de la Drees ne se lit donc pas comme le financement de ces structures.
Le panorama n'explique pas l'écart. Une hypothèse, que nous ne pouvons pas vérifier, est que la Drees ne retienne que la part rattachée aux médecins, alors que les MSP et les CPTS réunissent aussi des infirmiers, des kinésithérapeutes, des pharmaciens et d'autres professionnels. Les autres professions ont, elles aussi, une ligne de contrats et assimilés sans détail, et plusieurs reculent également en 2025 (kinésithérapie, de 95 à 64 millions d'euros ; soins dentaires, de 195 à 141), quand celle des infirmiers progresse (de 116 à 146)3. En 2025, les deux lignes « CPTS et MSP » réunies reculent à 122 millions d'euros (66 pour les généralistes, 56 pour les spécialistes). Nous n'avons pas trouvé de chiffre publié par l'Assurance maladie pour l'exercice 2025 : ce recul ne peut pas encore être confronté à ses données.
Des structures au territoire
Le document de l'UNCAM prépare aussi l'adaptation des accords au label France Santé. Il rappelle que l'offre de service socle de ce label comprend notamment une participation à la permanence des soins ambulatoires ou aux services d'accès aux soins (SAS), et propose d'y adosser une rémunération socle des structures7. Au-delà des structures, à l'échelle du territoire, la CPTS rassemble les professionnels et le SAS organise la réponse aux demandes de soins non programmés : la section suivante examine ce que les comptes en disent, et ce que le Sénat y ajoute pour les CPTS. Le réseau France Santé fait l'objet d'une analyse séparée.
CPTS et SAS dans les comptes de la santé : ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas
Dans les 265 pages du panorama, les CPTS n'apparaissent, hors liste des sigles, que dans deux tableaux : les contrats et assimilés des généralistes (fiche 11) et ceux des spécialistes (fiche 12). Le SAS n'apparaît que dans le premier. Rappelons de quoi l'on parle. Une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) rassemble les professionnels de santé d'un territoire autour d'un projet commun. Une MSP (maison de santé pluriprofessionnelle) réunit des professionnels qui exercent ensemble. Le SAS (service d'accès aux soins) régule les demandes de soins non programmés, par le 15 ou le 116 117, et oriente le patient (voir notre analyse du rapport Mesnier/Carli).
| Contrats et assimilés des généralistes (M€) | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | Écart 2025-2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Forfaits médecin traitant (dont forfait patientèle) | 879 | 889 | 973 | 958 | 1 014 | +56 |
| Rémunérations sur objectifs, contrats et intéressement | 541 | 561 | 584 | 596 | 658 | +62 |
| Permanences des soins | 153 | 165 | 175 | 184 | 190 | +6 |
| Aide à l'embauche d'assistants médicaux | 26 | 40 | 64 | 91 | 109 | +18 |
| Structures territoriales de santé (CPTS et MSP) | 37 | 61 | 73 | 95 | 66 | -29 |
| Expérimentation d'organisations innovantes en santé | 12 | 32 | 47 | 52 | 57 | +5 |
| Protocoles de coopération entre professionnels de santé | 25 | 37 | 42 | 47 | 55 | +8 |
| SAS, service d'accès aux soins | 1 | 19 | 33 | 36 | 39 | +3 |
| Autres contrats et rémunérations assimilées | 19 | 18 | 20 | 19 | 19 | 0 |
| Total contrats et assimilés | 1 693 | 1 823 | 2 010 | 2 078 | 2 208 | +130 |
Source : Drees, fiche 11, tableau 2, p. 903. Montants en millions d'euros. La dernière colonne est l'écart entre 2025 et 2024 sur les montants arrondis.
Ce que disent les lignes
En 2025, la ligne « CPTS et MSP » s'établit à 66 millions d'euros, contre 95 millions en 2024, soit une baisse de 30,5 %. La ligne SAS atteint 39 millions d'euros, contre 36 millions (+8 %), après 1 million en 2021 et 19 millions en 2022. Rapportées aux 12 072 millions d'euros de soins de généralistes, ces lignes pèsent respectivement 0,55 % et 0,32 %. Réunies, elles représentent 105 millions d'euros, soit 4,8 % des contrats et assimilés. À titre de comparaison, l'aide à l'embauche d'assistants médicaux atteint 109 millions d'euros (+20 %) et le forfait médecin traitant 1 014 millions.
Ce que le Sénat ajoute sur les CPTS
Le rapport d'information du Sénat sur le financement des CPTS recense, en mai 2025, plus de 800 CPTS validées ou en cours de validation, dont 700 signataires de l'ACI, qui couvraient 82 % de la population selon l'Assurance maladie. Lors de l'examen du rapport par la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss), le 7 octobre 2025, la rapporteure Corinne Imbert indique que 105,8 millions d'euros en 2022 et 121 millions en 2023 ont été versés aux CPTS dans le cadre de l'ACI. Elle regrette « la faible connaissance des financements attribués aux CPTS » : « six ans après la signature de l'ACI, aucun outil de pilotage de la dépense qui nous permettrait de disposer des données consolidées par mission n'est disponible à l'échelle nationale »8.
Quatre précautions de lecture
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Ce n'est pas le coût de ces dispositifs
Les contrats et assimilés sont définis comme les rémunérations directes que les généralistes reçoivent de l'Assurance maladie. Le panorama ne détaille pas la composition des lignes « CPTS et MSP » et « SAS ». Il ne dit pas si elles couvrent des financements versés aux structures elles-mêmes, ni si d'éventuelles majorations de consultation liées au SAS, facturées à l'acte, sont comptées ici ou dans les honoraires. Aucun de ces montants ne se lit comme le coût total d'une CPTS, d'une MSP ou du SAS. Les montants de l'Assurance maladie pour les seules MSP (181,4 millions d'euros au titre de 2024) dépassent d'ailleurs la ligne de la Drees, généralistes et spécialistes réunis (164 millions). Ajoutés à ceux du Sénat pour les CPTS (121 millions versés en 2023), ils font en 2023 plus du double de cette ligne (276 contre 124 millions, sur des bases différentes). Voir la section précédente.
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La baisse de la ligne « CPTS et MSP » n'est pas commentée
Ni la fiche 11 ni la vue d'ensemble ne l'expliquent. La ligne recule aussi chez les spécialistes (56 millions d'euros contre 69, soit -19 %, fiche 12, tableau 3, p. 97), de sorte que les deux lignes réunies passent de 164 à 122 millions d'euros (-26 %)3. Les comptes ne permettent pas, seuls, de dire pourquoi, et encore moins d'y lire un recul des CPTS.
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Une dépense n'est pas un résultat
Les comptes de la santé mesurent des euros, pas des délais d'accès, des passages évités aux urgences ou des patients orientés. Sur ces résultats, les sources sont ailleurs : le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) de 2025 et, pour les urgences, les données de la Drees reprises dans notre bilan du rapport Mesnier/Carli : 21 millions de passages en 2016, 21,3 millions en 2024, sans que ces chiffres disent l'effet des CPTS ou du SAS.
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2026 n'est pas dans cette édition
Le réseau France Santé, annoncé le 13 septembre 2025, est doté de 130 millions d'euros en 2026 (objectif : 5 000 structures labellisées d'ici 2027). La circulaire du 16 juin 2026 fixe parmi les critères socles du label la participation d'au moins 50 % des médecins de la structure au SAS et la réponse aux sollicitations du régulateur pour une consultation dans les 48 heures, ou la participation à la permanence des soins ambulatoires. Ces montants relèvent de l'exercice 2026, que cette édition ne couvre pas.
Ce que cela change pour une MSP ou un centre de santé
Les comptes de la santé parlent de l'ensemble du système. On peut en tirer trois enseignements pour une structure de premier recours.
Une revalorisation de tarif ne crée pas de capacité
La consultation à 30 euros augmente la valeur de chaque acte, pas le nombre d'heures du médecin. Les généralistes libéraux déclarent 46,2 heures de travail lors d'une semaine ordinaire en 2025, et une durée moyenne de 18,7 minutes par consultation au cabinet5 : ces moyennes déclarées donnent un ordre de grandeur de ce qu'une équipe peut absorber. Le levier d'une structure tient moins à la cadence qu'à ce qui se passe avant la consultation.
Les rémunérations directes de l'Assurance maladie pèsent de plus en plus
Entre 2021 et 2025, les contrats et assimilés ont progressé de 6,9 % par an, contre 3,6 % pour les honoraires3 ; le forfait médecin traitant et les rémunérations sur objectifs font environ la moitié de cette hausse. Les lignes aux intitulés organisationnels (assistants médicaux, protocoles de coopération, CPTS et MSP, expérimentations, SAS) passent de 101 à 326 millions d'euros, soit de 1,0 % à 2,7 % des soins de généralistes. En 2025, les deux lignes qui progressent le plus vite sont l'aide à l'embauche d'assistants médicaux et les protocoles de coopération (respectivement +20 % et +17 %), tandis que la ligne « CPTS et MSP » recule, sans que les comptes en donnent la raison. Le panorama ne décrit pas le contenu de ces lignes.
Les comptes ne diront pas ce qui se passe chez vous
Les comptes de la santé ne disent pas si vos patients attendent moins, si vos plages sont tenues, ni si le SAS vous adresse des patients que vous pouvez recevoir. Le critère du réseau France Santé (participation d'au moins 50 % des médecins au SAS et réponse aux sollicitations du régulateur sous 48 heures) est un engagement de participation et de réponse au régulateur, pas une mesure des délais de la structure : chaque structure doit mesurer elle-même ses délais.
Limites et précautions de lecture
- Des comptes, pas un comptage d'actes. Le volume des comptes de la santé est une dépense à prix constants. Il ne dit ni combien de consultations ont eu lieu, ni combien de temps les médecins y ont passé.
- Une première estimation. Les chiffres 2025 sont la première estimation de l'année. L'édition 2026 révise elle-même les chiffres de 2024, en raison de données provisoires et de changements de méthode4. Il faut s'attendre à ce que ceux de 2025 soient révisés à leur tour.
- Des périmètres qui évoluent. Le poste des généralistes intègre désormais les professionnels exerçant en centre de santé (changement de périmètre neutralisé dans les révisions), et un correctif sur les cotisations sociales relève la série des généralistes d'un montant compris entre 0,2 et 0,3 milliard d'euros par an, en abaissant d'autant celle des spécialistes4.
- Des comparaisons internationales décalées. Les données de financement des autres pays s'arrêtent à 2024, alors que la DCSi est comparée sur 2025. La moyenne de l'Union européenne retenue ici (10,5 % du PIB) est celle de la vue d'ensemble : la fiche 29 du panorama indique 10,4 % pour 2025.
- Des lignes de contrats sans détail. La ligne « CPTS et MSP », indissociable, et la ligne « SAS » sont publiées sans description de leur contenu. Elles ne se lisent pas comme un coût complet.
- Des chiffres de l'Assurance maladie hors du panorama. La note de l'UNCAM est un document préparatoire à une négociation, pas une publication statistique. Elle présente des incohérences internes (le nombre de centres de santé, 2 962 dits conventionnés puis rémunérés, ou 3 272 conventionnés dont 2 671 rémunérés, selon les pages ; le montant moyen d'une MSP, 81 102 ou environ 91 000 euros ; celui d'un centre de santé, environ 49 000 euros alors que le total divisé par le nombre de centres rémunérés en donne environ 45 000) et ne chiffre pas l'exercice 2025. Quand deux chiffres coexistent, nous avons retenu celui du bilan détaillé des rémunérations (section 1.2.2 du document), et pour les MSP celui qui est cohérent avec le total versé.
Sources, méthode et questions fréquentes
Les chiffres de cette page ont été vérifiés le 5 octobre 2026 dans les PDF de la Drees (panorama complet et vue d'ensemble), dans la note de l'UNCAM et dans les documents du Sénat (références 7 et 8). Les numéros de page des références 1 à 4 renvoient à la pagination du panorama.
- Drees. Les dépenses de santé en 2025. Résultats des comptes de la santé, édition 2026. Panoramas de la Drees, 1er octobre 2026, sous la direction de Mathilde Didier et Bastien Virely, 265 pages. Page de la publication · PDF complet
- Drees. Les dépenses de santé en 2025, vue d'ensemble, 12 pages (p. 8-19 du panorama). PDF
- Drees, dans [1]. Fiche 11 « Les soins des médecins généralistes » (p. 88-93) et fiche 12 « Les soins des médecins spécialistes » (p. 94-101). La fiche 3 « L'évolution en volume et en prix de la consommation de soins et de biens médicaux » (p. 29-34) donne le détail des volumes par mode d'exercice, la fiche 4 « Le financement de la dépense courante de santé au sens international » (p. 36-43) les parts par financeur, et la fiche 1 (p. 23) la contribution des postes à la croissance de la DCSi. Les fiches 14 « Les soins et prothèses dentaires », 15 « Les soins infirmiers » et 16 « Les soins de kinésithérapie » donnent les contrats et assimilés des autres professions.
- Drees, dans [1]. Annexe 3 « Les révisions de l'édition 2026 des comptes de la santé » (p. 228-235) et annexe 4 « Le partage volume/prix dans les comptes de la santé » (p. 236-245), dont la section sur les rémunérations forfaitaires.
- Thomas J.-É. Les médecins généralistes libéraux travaillent en moyenne 46 heures par semaine en 2025. Drees, Études et Résultats n° 1381, 26 août 2026. Cité par la fiche 11 comme référence sur le temps de travail et l'activité des généralistes. Page de la publication
- Analyses Ma Plateforme Santé : temps de travail des généralistes, réseau France Santé, rapport Mesnier/Carli, rapport IGAS 2025, Atlas 2026 du CNOM.
- Assurance maladie, Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM). Propositions d'orientations en vue de la négociation d'avenants à l'accord conventionnel interprofessionnel relatif aux structures de santé pluriprofessionnelles et à l'accord national des centres de santé à la suite de l'article 63 de la LFSS pour 2026 portant sur « France santé ». Note soumise au conseil de l'UNCAM, février 2026, 11 pages, diffusée par APMnews. Les bilans des centres de santé et des MSP sont en section 1.2 (p. 1-8, chiffres p. 2-8). Ce document n'est pas une publication de la Drees : ses chiffres portent sur les structures conventionnées ou rémunérées par l'Assurance maladie. PDF
- Sénat, mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss). Imbert C. et Jomier B., Financement des CPTS : pour un contrôle au service de l'action des professionnels de santé, rapport d'information n° 32 (2025-2026), déposé le 15 octobre 2025. Le nombre de CPTS et leur couverture figurent dans le rapport ; les montants versés en 2022 et 2023 et la citation sont tirés du compte rendu d'examen du rapport par la Mecss, le 7 octobre 2025. Rapport, chapitre I · Compte rendu d'examen
Combien la France a-t-elle dépensé pour sa santé en 2025 ?
En 2025, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) atteint 353,2 milliards d'euros, soit 11,8 % du PIB, selon la Drees (édition 2026 des comptes de la santé, publiée le 1er octobre 2026). Cette dépense augmente de 3,3 %, après +3,5 % en 2024. Sur le périmètre historique de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), elle est de 256,5 milliards d'euros (+2,7 %).
Quelle différence entre la DCSi et la CSBM ?
La DCSi (353,2 milliards d'euros) est l'agrégat de référence des comparaisons internationales. La CSBM (256,5 milliards d'euros, soit 73 % de la DCSi) en est un sous-ensemble : soins curatifs et de rééducation, services auxiliaires (biologie, imagerie, transports sanitaires) et biens médicaux (médicaments, dispositifs). Elle exclut les soins de longue durée (69,9 milliards), la prévention (9,2) et les frais de gestion (17,6). Depuis l'édition 2026, la Drees commente d'abord la DCSi : la CSBM n'est plus présentée que comme l'une de ses composantes.
Combien coûtent les soins de médecins généralistes en France ?
Les soins de médecins généralistes représentent 12,1 milliards d'euros en 2025 (12 072 millions), soit 3,4 % de la DCSi, en hausse de 6,0 %. Ce montant couvre les soins en cabinet libéral et en centre de santé. Il se compose des honoraires (9 143 millions d'euros), des contrats et assimilés (2 208 millions) et de la prise en charge des cotisations par l'Assurance maladie (722 millions). Il exclut les soins en établissement de santé et la prévention.
Pourquoi la dépense de soins de généralistes augmente-t-elle alors que le volume de soins baisse ?
Parce que le prix augmente plus vite que le volume ne baisse. Le prix des soins de généralistes progresse de 12,2 % en 2025, principalement du fait du passage de la consultation de 26,50 à 30 euros le 22 décembre 2024. La dépense augmentant de 6,0 %, le volume à prix constants qui s'en déduit baisse mécaniquement de 5,5 %.
Le volume de soins de généralistes baisse de 5,5 % : les Français consultent-ils moins ?
On ne peut pas l'affirmer. Le volume des comptes de la santé est une dépense à prix constants : il ne mesure pas directement le nombre de consultations ni la quantité de travail des médecins, précise la Drees. La baisse peut résulter de facteurs de demande (moindre sollicitation des médecins) comme de facteurs d'offre (moins de consultations proposées), et les comptes ne permettent pas de distinguer les deux. Par convention, l'indice de prix des honoraires est aussi appliqué aux rémunérations forfaitaires des généralistes, sans que la Drees chiffre la part de la dépense concernée (pour ordre de grandeur, les contrats et assimilés, dont le forfait médecin traitant, représentent 18,3 % de la dépense de soins de généralistes). Cette convention ne suffit pas à expliquer la baisse : rapportés au même indice de prix, les seuls honoraires reculent de 5,2 % en volume.
Combien pèsent les CPTS, les MSP et le SAS dans les dépenses de santé ?
Dans le panorama de la Drees, ils n'apparaissent que dans les rémunérations directes que l'Assurance maladie verse aux médecins. Chez les généralistes : 66 millions d'euros pour les structures territoriales de santé (CPTS et MSP), contre 95 en 2024, et 39 millions pour le SAS, contre 36, soit 105 millions d'euros ou 0,9 % des 12,1 milliards d'euros de soins de généralistes. Chez les spécialistes, la ligne CPTS et MSP atteint 56 millions d'euros, contre 69. Ces lignes ne mesurent ni le coût total de ces dispositifs ni leur effet sur l'accès aux soins.
Que verse l'Assurance maladie aux MSP et aux centres de santé au titre de leurs accords conventionnels ?
Au titre de 2024, selon un document de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM, février 2026) : 181,4 millions d'euros pour 2 237 maisons de santé pluriprofessionnelles (81 102 euros en moyenne par MSP) et 120,9 millions d'euros de rémunération forfaitaire spécifique pour 2 671 centres de santé (en moyenne 9 % de leur rémunération totale). Ces chiffres ne figurent pas dans le panorama de la Drees, dont les deux lignes « CPTS et MSP » (164 millions d'euros en 2024 au total, généralistes et spécialistes réunis) sont inférieures aux seuls montants versés aux MSP : elles ne se lisent pas comme le financement de ces structures.
Qui finance les soins de médecins généralistes ?
En 2025, la Sécurité sociale finance 78,3 % (9 453 millions d'euros), les organismes complémentaires 14,8 % (1 788 millions), les ménages 6,5 % (782 millions) et l'État et les collectivités locales 0,4 % (49 millions : aide médicale de l'État et invalides de guerre). La structure est quasi identique à celle de 2024, où le reste à charge des ménages était de 6,6 %.
Combien y a-t-il de médecins généralistes en France ?
On en compte 83 100 au 1er janvier 2025 (hors salariés hospitaliers exclusifs), selon la Drees : 55 800 libéraux exclusifs, 9 700 en exercice mixte et 17 600 salariés hors hôpital, en centre de santé par exemple. L'effectif progresse pour la deuxième année consécutive (+0,8 %) et retrouve son niveau de 2021 (83 000), mais reste inférieur à celui de 2015 (85 000). Les effectifs diffèrent selon la source et son périmètre.
La France dépense-t-elle plus pour sa santé que ses voisins ?
Plus que la moyenne de l'Union européenne, mais derrière l'Allemagne et l'Autriche. En part du PIB, la France dépense 11,8 % en 2025, contre 10,5 % en moyenne dans l'Union selon la vue d'ensemble de la Drees, 12,7 % pour l'Allemagne et 11,9 % pour l'Autriche. La dépense française progresse en revanche moins vite (+3,3 % contre +5,9 %). Le financement public est plus élevé (77,4 % contre 74,3 % en moyenne dans l'Union en 2024) et le reste à charge des ménages plus faible (9,8 % contre 14,8 %).
Où trouver les données d'origine ?
Sur le site de la Drees : le panorama complet (265 pages), la vue d'ensemble (12 pages), les 31 fiches thématiques et les séries en données ouvertes. Les soins de médecins généralistes sont traités dans la fiche 11, les contrats et assimilés dans le tableau 2 de cette fiche, les révisions de l'édition 2026 dans l'annexe 3 et les méthodes de calcul des prix et des volumes dans l'annexe 4.