Stratégie nationale IA santé 2025-2028 : ce que ça change pour les médecins

Le ministère de la Santé a publié en juillet 2025 sa stratégie interministérielle sur l'intelligence artificielle et les données de santé pour 2025-2028. Premier constat du document : en moyenne, 20 % du temps soignant est consacré à la gestion administrative, un temps pris sur le soin et la relation médecin/patient. Le cas d'usage IA prioritaire n°1 identifié pour y remédier : l'automatisation des comptes-rendus médicaux.

Ministère de la Santé Juillet 2025 Stratégie interministérielle 9 thématiques prioritaires · 70+ parties prenantes

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Stratégie IA et données de santé 2025-2028, Ministère de la Santé, juillet 2025, 72 pages

Qu'est-ce que cette stratégie ?

Un document en deux parties, co-construit avec plus de 70 parties prenantes (professionnels de santé, patients, industriels, chercheurs, citoyens) entre mai et juin 2025.

Partie 1, Stratégie interministérielle données de santé : elle organise la gouvernance du Système National des Données de Santé (SNDS) et prépare l'entrée en vigueur du règlement européen sur l'Espace Européen des Données de Santé (EEDS), entré en vigueur le 26 mars 2025. Quatre axes : transparence et confiance citoyens, constitution des bases de données, conditions de partage, facilitation de l'utilisation.

Partie 2, Stratégie ministérielle IA en santé : elle identifie 9 thématiques prioritaires, déclinées en cas d'usage concrets, évalués sur 6 critères (besoin en santé publique, maturité technologique, disponibilité des données, faisabilité opérationnelle, cadre réglementaire, coûts associés).

Le cas d'usage prioritaire n°1 : automatiser les comptes-rendus médicaux

C'est le premier cas d'usage détaillé par la stratégie dans sa section « propositions d'actions ». Le constat officiel est sans ambiguïté :

« En moyenne, 20% du temps soignant est dédié à la gestion administrative. Un temps précieux au détriment du temps soignant et de la qualité de la relation médecin/patient. »

Stratégie IA et données de santé 2025-2028, Ministère de la Santé

L'objectif fixé par la stratégie : déployer des systèmes d'IA générative, notamment de speech-to-text, pour :

Les 9 thématiques prioritaires de l'IA en santé

  1. IA au service de l'accès aux soins (SAMU/SMUR, orientation patients)
  2. IA dans les parcours de santé (oncologie, coordination)
  3. Prévention personnalisée (maladies chroniques, Mon Espace Santé)
  4. Optimisation logistique (stocks, approvisionnements)
  5. Planification hospitalière automatisée (RH, planning)
  6. Facturation et codage médical (amélioration de la qualité, réduction des fraudes)
  7. Structuration des comptes-rendus médicaux (speech-to-text, DMP)
  8. Réduction du gaspillage au bloc opératoire
  9. Prévention et prédiction des risques individuels (pathologies chroniques)

Les thématiques 6 et 7 sont au cœur du positionnement de Mélia+.

La thématique n°1 : qualifier, graduer, orienter

L'automatisation des comptes-rendus est le cas d'usage le plus avancé, mais ce n'est pas la première thématique de la stratégie. Celle-ci s'ouvre sur l'accès aux soins, et l'action qu'elle y propose porte un nom explicite : développer un outil d'aide à la gradation et à l'orientation des patients pour les professionnels de santé.

Le constat posé par le document : face aux difficultés d'accès aux soins et à des parcours parfois complexes à gérer, les outils de gradation et d'orientation peuvent aider à fluidifier les parcours, optimiser les ressources médicales et mieux répondre aux besoins des patients. L'objectif est de soutenir des IA d'aide aux professionnels pour trois opérations distinctes : la qualification de la demande, sa gradation selon la gravité, puis l'orientation vers la bonne prise en charge.

L'action associée est un appel à manifestation d'intérêt, destiné à identifier et accompagner le déploiement en vie réelle de projets expérimentaux portés par des établissements engagés dans la transformation numérique des soins critiques. Trois finalités sont citées : la réduction des erreurs et des biais, l'accélération de la décision médicale, et l'anticipation des flux de patients.

L'analyse officielle du cas d'usage

Chaque cas d'usage a été évalué sur six critères, puis résumé par une analyse SWOT. Voici celle retenue pour l'IA au service de l'accès aux soins.

Axe Ce que retient la stratégie
Forces Optimisation des ressources, orientation plus rapide des patients
Faiblesses Intégration complexe aux systèmes d'information, besoin important de formation
Opportunités Réduction des délais d'intervention, amélioration de la couverture territoriale
Menaces Responsabilité juridique en cas d'erreur, résistance au changement des professionnels

Source : Stratégie IA et données de santé 2025-2028, tableau de synthèse de l'analyse SWOT des cas d'usage.

Le volet patient de la même thématique

La stratégie ajoute une seconde action à cette thématique : encadrer les usages patients. Elle constate que l'IA générative est déjà utilisée par les patients, notamment via des chatbots de santé, sur des outils grand public non adaptés à la santé, en particulier en santé mentale. L'objectif est de mettre en place une gouvernance garantissant la qualité des conseils délivrés, avec une implication des patients et un ancrage dans Mon espace santé.

Un objectif chiffré sur l'administratif

Sur la thématique administrative, la stratégie fixe la cible la plus précise du document : coder automatiquement 90 % des diagnostics d'ici à 2031, à l'aide d'une plateforme nationale, pour libérer du temps médical, réduire le risque d'erreur, améliorer la traçabilité et uniformiser les données. Elle prévoit en parallèle une plateforme de connaissances médicales d'État, APIsable, destinée à donner aux développeurs et aux professionnels un accès unifié aux recommandations, règles médicales et arbres décisionnels aujourd'hui dispersés entre la HAS, Santé publique France et les sociétés savantes.

Le cadre souveraineté et conformité

Ma Plateforme Santé a été conçu dès l'origine autour de ces critères : IA souveraine hébergée en France, zéro transfert hors UE, conforme RGPD et référentiels ANS, avec une approche d'IA au service du médecin, et non en remplacement du raisonnement clinique.

Ce que la stratégie confirme pour l'organisation des soins

20% du temps médical perdu

La stratégie nationale chiffre à 20% la part du temps soignant consacré à l'administratif. C'est exactement le levier que Mélia+ adresse : transcription vocale en temps réel et rédaction assistée des comptes-rendus, que le médecin valide. L'aide à la cotation et la télétransmission SESAM-Vitale sont à venir.

Le DMP comme priorité nationale

L'alimentation automatique du Dossier Médical Partagé (Mon Espace Santé) est un objectif explicite de la stratégie. L'alimentation de Mon Espace Santé par Ma Plateforme Santé est à venir.

L'EEDS comme cadre structurant

Le règlement européen EEDS entré en vigueur en mars 2025 renforce les exigences d'interopérabilité et de souveraineté. Les solutions conformes HDS avec données en France sont les mieux positionnées. Ma Plateforme Santé répond nativement à ces exigences.

FAQ : la stratégie nationale IA et données de santé 2025-2028

Qu'est-ce que la stratégie nationale IA santé 2025-2028 ?

La stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025-2028 est un document interministériel publié par le ministère de la Santé en juillet 2025. Elle couvre deux volets : la gouvernance des données de santé (SNDS, règlement européen EEDS entré en vigueur le 26 mars 2025) et la stratégie ministérielle IA en santé. Elle identifie 9 thématiques prioritaires d'application de l'IA et propose des cas d'usage concrets, co-construits avec plus de 70 parties prenantes (professionnels de santé, patients, industriels, chercheurs).

Quel est le cas d'usage IA prioritaire n°1 identifié par le gouvernement pour les médecins ?

Le premier cas d'usage IA prioritaire identifié par la stratégie nationale est l'automatisation des comptes-rendus médicaux. Le document constate qu'en moyenne 20% du temps soignant est consacré à la gestion administrative, un temps au détriment du soin et de la relation médecin/patient. L'objectif est de déployer des outils d'IA générative, notamment de speech-to-text, pour structurer automatiquement les comptes-rendus, générer les courriers d'adressage et alimenter le Dossier Médical Partagé (DMP), désormais Mon Espace Santé.

Que prévoit la stratégie nationale IA santé pour l'accès aux soins ?

L'accès aux soins est la première des neuf thématiques prioritaires. L'action retenue est de développer un outil d'aide à la gradation et à l'orientation des patients pour les professionnels de santé, couvrant trois opérations : la qualification de la demande, sa gradation selon la gravité, puis l'orientation vers la bonne prise en charge. La stratégie prévoit un appel à manifestation d'intérêt pour accompagner en vie réelle des projets expérimentaux, avec trois finalités : réduction des erreurs et des biais, accélération de la décision médicale et anticipation des flux de patients. Une seconde action porte sur l'encadrement des usages patients de l'IA générative, notamment les chatbots de santé.

La stratégie nationale IA santé fixe-t-elle des objectifs chiffrés ?

Oui, sur le volet administratif. La stratégie fixe l'objectif de coder automatiquement 90% des diagnostics d'ici à 2031, à l'aide d'une plateforme nationale, afin de libérer du temps médical, réduire le risque d'erreur, améliorer la traçabilité et uniformiser les données. Elle s'appuie sur le constat qu'en moyenne 20% du temps soignant est consacré à la gestion administrative. Elle prévoit également une plateforme de connaissances médicales d'État APIsable, réunissant recommandations, règles médicales et arbres décisionnels aujourd'hui dispersés entre la HAS, Santé publique France et les sociétés savantes.

Qu'est-ce que le règlement EEDS et quel est son impact sur les logiciels médicaux ?

Le règlement relatif à l'Espace Européen des Données de Santé (EEDS) est entré en vigueur le 26 mars 2025. Il crée un cadre commun aux 27 États membres pour le partage et la réutilisation des données de santé. Pour les logiciels médicaux, il implique de nouvelles exigences d'interopérabilité, d'hébergement souverain et de traçabilité des données. Les dispositions sur l'usage secondaire entrent en application le 26 mars 2029. Les solutions déjà conformes aux référentiels ANS et certifiées HDS disposent d'une longueur d'avance pour cette transition.

Quelles sont les conditions pour qu'une IA médicale soit considérée 'digne de confiance' selon la stratégie nationale ?

La stratégie nationale définit 5 conditions pour une IA médicale digne de confiance : être éthique by design (transparente, explicable, centrée sur l'humain), respecter le cadre réglementaire européen (AI Act, dispositifs médicaux, RGPD), garantir la souveraineté des données (hébergement en France ou UE, zéro transfert hors UE), intégrer une montée en compétences des professionnels de santé, et faire l'objet d'un suivi post-commercialisation. L'alignement avec les référentiels de la Délégation au Numérique en Santé (DNS) et de l'Agence du Numérique en Santé (ANS) est un critère structurant.

Mélia+ est aligné avec la stratégie nationale

Compte-rendu automatique, souveraineté des données, interopérabilité DMP. Cas d'usage n°1 de la stratégie IA santé.

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